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Pourquoi les enfants très sensibles ont une longueur d’avance selon les experts

Ah, la sensibilité… Cette qualité que l’on applaudit chez un poète, mais que l’on déplore parfois chez son enfant après une matinée pleine de pleurs parce que la chaussette gratte ou que les céréales flottent dans le lait (drame). Et pourtant, selon les experts, les enfants très sensibles ont une longueur d’avance sur bien des points !

Pourquoi parle-t-on d’enfants très sensibles ?

Parfois, sans le vouloir, les parents peuvent donner l’impression à leur enfant qu’il ou elle a “un problème”. Les chercheurs en parentalité l’ont confirmé : cela arrive fréquemment lorsqu’un enfant possède un cerveau particulièrement sensible. Hélas, la sensibilité a une mauvaise réputation : elle est parfois perçue comme une faiblesse à combattre, à grands renforts de “Arrête de pleurer !” et d’autres encouragements pas toujours très subtils.

Or, être sensible, c’est loin d’être un fardeau. C’est même, d’après la science, un atout souvent mésestimé.

Des qualités uniques et précieuses

Les enfants très sensibles se distinguent par une créativité débordante, une conscience fine et une ouverture d’esprit qui leur donne une vision du monde originale. Parmi leurs super-pouvoirs, un, en particulier, mérite la médaille d’or : l’empathie.

Une étude a montré que les cerveaux des personnes sensibles réagissaient plus intensément lorsqu’ils observaient des photos de personnes souriantes ou tristes. Plus impressionnant encore, leurs cerveaux s’animaient fortement dans les zones associées à la planification d’actions. En clair : difficile pour ces enfants de rester indifférents face à la détresse d’autrui, ils ressentent un profond désir d’aider, même un inconnu.

Leur vécu émotionnel est profondément influencé par leurs expériences. Bonne nouvelle : ils tirent davantage profit du soutien, des enseignements et des encouragements que vous leur offrez généreusement.

Portrait-robot d’un enfant très sensible (attention, ça sent le vécu)

  • L’humeur des autres les touche énormément, au point d’absorber les émotions comme une éponge hypersensible : la joie, la colère ou l’inquiétude, tout y passe.
  • Ils rencontrent des difficultés à digérer des émotions fortes, genre colère volcanique ou inquiétude sourde.
  • Les petits tracas du quotidien ne passent pas inaperçus : draps rèches, étiquettes qui grattent et ceintures trop serrées provoquent d’intenses doléances auprès du service client parental.
  • Les lieux bruyants ou animés, comme les gymnases ou les parfumeries trop parfumées, les fatiguent et les stressent (qui a inventé les parfumeries, déjà ?)
  • Pressés ? Ce n’est pas pour eux. Ils préfèrent avancer à leur rythme et faire les choses minutieusement.
  • Ils acceptent mieux les corrections bienveillantes que les sanctions trop sévères.
  • Ceux-là font souvent preuve d’une étonnante maturité, lâchant au passage des remarques perspicaces dignes d’un vieux sage (dans un corps de CE2).
  • Un humour fin façon stand-up, et la capacité de lire en vous comme dans un livre ouvert.
  • Peculiarité gustative : certains aliments sont boudés à cause de leur odeur ou de leur texture.
  • Enfin, gare au sursaut express provoqué par un bruit soudain : le cœur n’en mène pas large !

Si vous vous reconnaissez dans tout ou partie de cette liste, pas d’inquiétude, c’est une véritable force. Les enfants très sensibles abordent le monde autrement, et cette différence est un atout.

Comment accompagner ces enfants à la longueur d’avance ?

L’accompagnement d’un enfant sensible demande une touche d’anticipation et (beaucoup) de douceur. Ils ont besoin de temps pour réfléchir à ce qui les attend et apprécient lorsque les règles du jeu sont claires. Savoir quelles seront les conséquences de leurs actes leur apporte un précieux sentiment de contrôle.

Un petit coin tranquille avec quelques objets rassurants (peluches, couverture lestée…) leur offre un refuge lorsqu’ils n’arrivent plus à canaliser les émotions qui fusent.

N’oubliez pas : chaque jour, par votre exemple, vous leur montrez comment réguler les émotions : que ce soit le stress du bureau ou la nouvelle crise post-diner.

Dialoguer avec leurs enseignants dès le début de l’année scolaire permet d’éviter malentendus et tensions inutiles. Et quand votre enfant manifeste sa sensibilité – fait preuve d’imagination, ou d’empathie pour un ami mal en point –, soulignez-le : exprimez à quel point vous êtes fier de lui ou d’elle.

Prenez aussi le temps de discussions en tête-à-tête, loin du tumulte familial. Les questions ouvertes (“Qu’est-ce qui a été difficile pour toi aujourd’hui ?”) permettent d’aller plus loin qu’un simple “Tu as passé une mauvaise journée ?”.

En somme, la sensibilité n’est pas à étouffer, mais à accueillir ! Elle offre des perspectives, de la créativité et un lien unique aux autres. Et si, au final, l’avenir avait justement besoin de ces enfants à fleur de cœur ?