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Protéger ses enfants sur smartphone : les solutions de contrôle parental à ne pas manquer en 2024

À l’ère où le smartphone s’invite (trop) tôt dans les poches des ados, comment garder l’œil sans finir dans un épisode de Black Mirror ? Protéger ses enfants sur mobile en 2024, c’est un voeu pieux… ou un casse-tête, selon l’outil choisi. Faisons le point sur les solutions de contrôle parental à ne surtout pas rater cette année !

Pourquoi le contrôle parental est-il devenu incontournable ?

L’âge moyen du premier smartphone en France gravite autour de 11 ans et demi selon l’Observatoire des pratiques numériques de Bouygues Telecom. Ainsi, beaucoup d’enfants découvrent le Net d’abord via leur téléphone – avant même de toucher à un ordinateur. Problème : plongés seuls dans la jungle du web, ils restent vulnérables face à une palette de dangers alléchants comme le cyber-harcèlement, les escroqueries, les contenus inappropriés, le vol de données personnelles, voire la violation de leur vie privée. Et, soyons honnêtes, le risque de se laisser happer de longues heures par les écrans n’est pas à prendre à la légère !

Il est bien sûr possible de limiter les horaires d’accès au Wi-Fi via sa box (option radicale, avouons-le). Mais cela ne fait pas long feu face à une connexion 4G. Heureusement, les solutions de contrôle parental sur mobile sont là pour prêter main forte.

Les applications phares : Google Family Link, Temps d’écran & cie

Les logiciels de contrôle parental sont des alliés précieux, au moins temporairement, pour accompagner les premiers pas de vos enfants sur smartphone ou gérer ceux qui ont déjà fait du web leur deuxième salon. Attention toutefois : aucun système n’est infaillible. Nos chères têtes blondes trouvent (parfois) le moyen de tromper la technologie ou de tout désinstaller. Mais tâchons de garder espoir…

  • Google Family Link : C’est la star du contrôle parental pour Android. Elle existe gratuitement sur Play Store et App Store et se destine prioritairement aux smartphones Android Nougat (7.0) minimum. On installe Family Link sur son téléphone et l’appli jumelle sur celui de l’enfant. S’il n’a pas de compte Google ? Pas de souci, on lui en crée un et il intègre le groupe familial. Jusqu’à cinq comptes enfants peuvent être gérés, avec possibilité d’ajouter un autre parent superviseur.
  • Ses fonctionnalités ? Contrôle fin de Google Play, filtrage dans Chrome, le moteur de recherche Google, YouTube, blocage d’applis Android, géolocalisation de l’appareil, horaires d’utilisation et limites quotidiennes de durée. Sans oublier un tableau de bord journalier des activités numériques, histoire de garder le cap.
  • Temps d’écran (iOS 12 et supérieur) : Fonction présente nativement sur les iPhones et iPads, accessible dans les réglages. Moins complet que Family Link mais permet de fixer des plages d’utilisation, bloquer certaines apps ou contenus, et protéger vos réglages par code. En mode « famille », vous contrôlez tout le monde depuis le même tableau et pouvez géolocaliser les appareils des membres du groupe.

À noter qu’Apple a essuyé une polémique en supprimant plusieurs apps tierces du contrôle parental de son App Store, les éditeurs accusant la firme de favoriser Temps d’écran…

Applications tierces et contrôles proposés par les opérateurs français

Bouygues Telecom, Orange et SFR proposent des options gratuites de contrôle parental mobile : il suffit de les activer sur la ligne de votre enfant – généralement pour filtrer la navigation web et bloquer certains sites (rencontres, charme…), mais attention, cela ne marche pas avec le Wi-Fi. Vous retrouvez aussi un panel d’applications (gratuites ou payantes) recensées et testées sur le site e-enfance, association reconnue par l’Éducation nationale.

Pour les familles où Android et iOS cohabitent, rien de tel qu’une application tierce, notamment la solution française Parents dans les Parages (accessible aussi sur ordinateur), qui permet mille et une personnalisations via des plannings sur mesure. Proposée en contrôle parental premium chez Bouygues Telecom, elle est gratuite le premier mois, puis à 3 € par mois, sans engagement.

Citons également Xooloo, appréciée pour son approche « coach numérique » et sa collaboration avec Orange, SFR, Sosh, NRJ Mobile, CIC Mobile et Crédit Mutuel Mobile. Premier mois offert, puis forfait selon le nombre d’appareils contrôlés. Ici, pas de géolocalisation ni d’accès aux messages, mais filtration Web sur Wi-Fi et 4G, blocage d’appels indésirables, limites d’âge pour les apps, gestion du temps d’écran et alertes lors de nouvelles installations. Sous iOS cependant, Xooloo limite le suivi à la navigation (pas le détail sur chaque application).

Contrôler les usages dans chaque application et plateforme

Les parents peuvent aussi personnaliser l’accès aux magasins d’applications, mais surtout choisir les versions adaptées des grandes plateformes. Sur YouTube Kids (disponible en France depuis 2016), l’interface dédiée bloque les contenus inappropriés via algorithmes et modérateurs (et on peut même désactiver la recherche). Un bémol : la publicité ciblée, préjudiciable pour les plus jeunes, et le sujet controversé de l’utilisation de données personnelles aux États-Unis pour les moins de 13 ans.

Côté divertissement, Netflix propose la création de profils enfants au catalogue adapté, avec possibilité d’ajouter un code PIN pour bloquer certains films/séries. Spotify autorise le blocage des morceaux explicitement tagués « E » via un filtre facile à ajuster depuis le compte Famille.

Transparence et dialogue avant tout !
Tous ces outils ne dispensent pas du bon sens ni du débat en famille : il vaut mieux rester transparent sur ce que vous surveillez afin de ne pas trahir la confiance de votre enfant. Après tout, il ne s’agit pas de sombrer dans le scénario d’espionnage d’Arkangel (série Black Mirror), avec implants dans le cerveau et parano à tous les étages… Vous ne pourrez pas l’épargner de toutes les embûches, mais pouvez l’aider à mieux réagir face aux situations délicates. Après la technologie, place à la pédagogie !