Faut-il dire adieu aux grandes vacances telles qu’on les connaît ? Peut-être, si l’on en croit le débat chaud relancé par Emmanuel Macron à l’occasion d’une visite à Colmar. Chers écoliers et parents, sortez vos agendas : le calendrier scolaire français pourrait bientôt faire peau neuve… une fois de plus !
Quand le président ouvre le bal à Colmar
Lors des commémorations des 80 ans de la libération de Colmar, Emmanuel Macron n’a pas seulement déposé des fleurs, il a aussi semé… la discussion. Un enfant lui adresse une remarque sur la lourdeur des emplois du temps scolaires. Voilà le président qui remet sur le tapis « la question du temps scolaire ».
Pour Macron, le nombre de semaines de vacances en France est tout simplement élevé. Petit récapitulatif rapide pour mémoire :
- 2 semaines en février (vacances d’hiver)
- 2 semaines en avril (vacances de Pâques)
- Environ 8 semaines d’été (sans oublier la crème solaire…)
- 2 semaines en octobre (vacances de la Toussaint)
- 2 autres à l’occasion de Noël
Si l’on sort les calculettes, cela nous porte à seize semaines de vacances par an. Non, vous ne rêvez pas, seize. Ce qui amène le président à conclure que « la France a des vacances plus longues que dans beaucoup de pays. La question que l’on peut se poser pour nos enfants est : est-ce qu’il ne faut pas un peu revoir les vacances pour pouvoir décontraindre les semaines, pour mieux apprendre ? »
Vacances d’été : la France, reine d’Europe ? (Ou presque…)
Mais alors, la France est-elle la championne toutes catégories ? Pas tout à fait, même si elle figure haut dans le classement. Côté vacances d’été, l’Hexagone arrive à la cinquième place. Devant elle s’étirent paresseusement :
- L’Italie avec 13 semaines
- La Grèce (12 semaines)
- L’Espagne (11 semaines)
- La Suède (10 semaines)
La France garde donc sa médaille de bronze… enfin, de cinquième place, mais restons bons joueurs !
Un vieux serpent de mer qui refait surface
Si vous avez une bonne mémoire, ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron avance le sujet. En août 2023 déjà, il déclarait que la durée des vacances scolaires entraînait des inégalités d’apprentissage. Nouvelle tentative en janvier 2025 (on ne l’arrête plus !) : Élisabeth Borne, alors ministre de l’Éducation nationale, annonce dans une interview qu’elle souhaite modifier le calendrier scolaire.
Son objectif ? Réduire le temps des vacances estivales. Pourquoi ? Parce que, selon elle, « les coupures longues se traduisent par des pertes de niveau pour les élèves les plus fragiles ». Là, on ne rigole plus. Il s’agirait donc d’adapter le calendrier pour éviter que certains élèves décrochent à cause de grandes pauses estivales qui, parfois, ressemblent plus à un trou d’air qu’à une respiration bénéfique.
L’avis (pas franchement enthousiaste) des enseignants
Si certains songent déjà à ranger leurs tongs plus tôt, du côté des syndicats enseignants, la nouvelle ne passe pas crème. La première organisation du secteur, le Snes-FSU, par la voix de sa secrétaire générale Sophie Vénétitay sur France Info, a clairement fait savoir que la réforme des vacances scolaires n’est pas la priorité.
Pour elle, il y a plus urgent à l’école :
- Le manque de professeurs
- Le besoin de recrutement
- L’augmentation des salaires
- L’amélioration des conditions de travail
Et de conclure que « l’école est en train de s’effondrer ». Ambiance…
En définitive, le sort des grandes vacances est encore loin d’être tranché. Si le président Macron tient à remettre sur la table le rythme scolaire, beaucoup rappellent que le vrai chantier reste l’école elle-même. Chers adultes, avant de raccourcir les séjours à la plage, peut-être faudra-t-il régler quelques problèmes de fond. D’ici là, les élèves peuvent encore rêver à leurs prochaines grandes vacances… en attendant de savoir combien de temps elles dureront réellement !











