Ah, l’heure du coucher ! Ce moment où l’on rêve de savourer un peu de tranquillité… mais où votre enfant, lui, semble soudain se transformer en marathonien du rappel (« il y a un monstre sous mon lit », « j’ai soif », « encore un câlin… »). Si votre progéniture rivalise d’inventivité chaque soir pour retarder l’extinction des feux, rassurez-vous : non seulement ce comportement porte un nom, mais il existe aussi une astuce qui change tout, selon une psychologue.
Le syndrome du rappel : pourquoi mon enfant ne veut-il pas dormir ?
- Le sommeil, c’est sacré. Pour les enfants, il contribue au développement cérébral, améliore la concentration, et booste l’apprentissage et la mémorisation. Bref, c’est le Graal pour un bon développement.
- Entre 2 et 6 ans, il arrive pourtant que votre « loulou » repousse, avec créativité, l’heure du dodo via de multiples demandes (parfois dignes des Oscars du meilleur prétexte).
Ce phénomène – le syndrome du rappel – n’a rien d’anormal. Delphine Théaudin, psychologue clinicienne, l’explique : l’enfant traverse une phase d’affirmation de soi intense, explorant l’effet de ses actions sur son entourage. S’ajoutent parfois des peurs ou un besoin continu d’être sécurisé. C’est aussi sa manière de signaler « j’existe ! », même quand on aimerait vraiment qu’il existe… en dormant paisiblement.
Mais voilà, forcer un enfant à dormir, c’est comme demander à un chat de faire des claquettes : mission impossible. On peut, à la place, l’encourager à rester calme dans sa chambre. En général, l’enfant comprend vite que sur ce qui est vital – comme le sommeil, ou la faim – il a un certain levier pour s’affirmer. Pour les parents, l’enjeu est donc de favoriser le repos, sans entrer en conflit.
L’astuce clé de la psychologue : poser un cadre doux mais ferme
Quand le rappel s’installe (« maman, papa, encore un bisou ! »), essayez de signifier délicatement que c’est l’heure de s’endormir : « je ne suis pas disponible pour toi actuellement », ou « on a déjà fait le rituel du soir ». Il est possible d’effectuer quelques allers-retours, mais attention à ne pas transformer ce moment en talk-show nocturne.
Parlez calmement, limitez vos interventions et restez doux. Ainsi, l’enfant apprend peu à peu à trouver ses propres ressources pour s’apaiser seul, sans vous coller comme une étiquette sur un bocal. L’accompagnement reste important, bien sûr, mais il n’est pas nécessaire d’être une veilleuse humaine toute la nuit.
Le rituel du coucher, parlons-en : il doit durer, selon la psychologue, moins d’une demi-heure pour être efficace. Ce moment sert à sécuriser et donner des repères. Si, mystérieusement, la routine s’éternise bien au-delà, il peut être utile de se demander qui, entre l’adulte et l’enfant, a le plus de mal à lâcher prise.
- Une soirée type peut inclure : brossage de dents, pyjama, histoire, câlin. Essayez de garder le même ordre, mais restez flexibles !
- Si l’enfant réclame quatre câlins, n’oubliez pas : c’est aux parents de garder le contrôle du cadre, toujours en douceur.
Adapter le coucher à l’enfant : rythme, signaux et environnement
Trop souvent, on tente de coucher son enfant à une heure « idéale »… qui n’est peut-être pas la sienne ! Mieux vaut ajuster l’heure selon les signaux de fatigue. Parfois, retarder (ou avancer) le coucher d’une demi-heure fait toute la différence et évite les bras de fer qui laissent tout le monde épuisé.
Pour la qualité de l’endormissement, la psychologue recommande de :
- Rester ferme mais calme, sans crier ou s’énerver.
- Limiter les écrans et jeux trop stimulants en soirée.
- Privilégier les activités calmes (puzzle, histoire…)
Un point parfois négligé : est-ce que votre enfant a reçu suffisamment d’affection dans la journée ? Au rythme effréné du quotidien, il pourrait avoir besoin de recharger ses « batteries câlins » avant de s’endormir. Accordez-lui un petit temps privilégié, ne serait-ce que pour un jeu ou un câlin supplémentaire avant le dodo.
Créer un espace-nuit rassurant… et une dynamique positive avec le sommeil
La chambre ne doit pas être vue seulement comme un lieu de sanction ou d’isolement. Plus l’enfant y passe de moments plaisants, plus il s’y sentira bien pour dormir. On peut « chouchouter » l’espace avec : lumières douces, couleurs chaleureuses, moments partagés.
- Si peur du noir, laissez la porte entrouverte ou une veilleuse.
- Invitez-le à jouer dans sa chambre, pas juste dans le salon !
Enfin, tout se joue aussi dans la manière dont on parle du sommeil à ses enfants. Évitez les remarques négatives sur le dodo. Parlez du coucher avec enthousiasme : « j’adore retrouver mon lit ! », « cette nuit, j’ai très bien dormi ! ». Par ce biais, vous montrez à votre enfant que le sommeil est un plaisir, pas une punition.
Conclusion : Si votre enfant repousse le coucher chaque soir, plutôt que de céder ou d’entrer dans l’escalade, installez un cadre apaisant, sécurisant et cohérent — en gardant le sourire (et, si possible, votre patience !). Le sommeil viendra plus facilement, pour lui comme pour vous. Bonne nuit !











